Atelier « Histoires de la folie »: introduction & approches critiques

Pierre Smet (Le Sas – Service de guidance d’Evere) vous propose d’explorer différentes versions de l’histoire de la folie, des folies… Comment s’y retrouver et comment être critique? Comment faire place aux différentes formes de connaissance?

À l’occasion de ces rencontres, nous aborderons  le contexte social, politique, philosophique, artistique,… d’une période historique donnée pour comprendre comment la folie y est appréhendée et  prise ou pas  en charge. Comment les personnes elles-mêmes s’y sont retrouvées ? Quelles conséquences en tirer pour aujourd’hui ?

L’atelier est ouvert à tous, il sera particulièrement important de croiser différents types de connaissance: de la rue aux universités . 

Cet atelier sera accompagné par Christian pour les aspects illustratifs.

Ce que la préhistoire nous dit de la folie ! Du geste à la parole. Mais au fait, Lucy était-elle hystérique ?

Bouleversement dans la préhistoire : Mais qui était Lucy ?… et les autres ?

Retour sur les fondamentaux : geste, langage, représentation

La découverte de Lucy fut suivie d’autres découvertes qui ont bouleversé les pensées de nos origines. Des bipèdes sont découverts deux millions d’années plus tôt que prévu, la fabrication d’outils de pierre 800.000 ans plus tôt — mais surtout, il y a désormais la conviction qu’il y a eu très tôt non seulement adaptation à l’environnement naturel mais également à un environnement social, technique et cognitif.

On parle de la superposition de l’hominisation (bipédie, volume crânien) et de l’humanisation (langage, outils sophistiqués, sépultures, art). Et la folie ?

Il nous faut revenir aux fondamentaux : le geste, le langage, la représentation. Un sacré voyage ….

Mytho toi-même. De la préhistoire à l’aube de civilisation et plus encore…. Pourquoi le mythe , pourquoi la mythologie ? Pensée primitive , Œdipe ,et …. ?

Les peuples ont-ils des souvenirs d’enfance ?Est-ce que les mythes sont ces souvenirs d’enfance ? Pourquoi retrouve-t-on encore Œdipe à de nombreux coins de rue ?

Dans les années 70, Claire Brétecher sera géniale avec sa bande dessinée ‘’le cordon infernal’’(1976) et aujourd’hui on s’interroge :  « comment l’Illiade est -elle passé à Star Wars » « comment Star Wars est-il devenu un mythe moderne ? »

Est-ce que c’est parce-que la pensée mythique est la forme primitive de la pensée  de l’être au monde ?

Et au niveau personnel ,qu’est-ce qui nous relie à ces histoires, légendes, récits mais aussi à la poésie ?Quel(s) lien(s) entre mythe individuel, fantasmes, rêves….?

Le mythe : est-ce un attrape nigaud ,une géniale poésie, une tragédie toujours à dépasser?

La réalité est-elle un mythe ? Le mythe est-il réalité ? Quel est le rapport entre mythe et réalité ?

Souvent, on peut entendre dans des discussions quotidiennes : « Ca, ce n’est qu’un mythe » ou encore « Ce n’est pas un mythe, ça a vraiment existé » ou encore « De toute façon, mythe ou réalité, on n’aura jamais le fin mot de l’affaire »…

Alors, que pouvons-nous répondre à ces sempiternelles questions ? Pourquoi les Grecs ont-ils fait une telle place à la mythologie ? Était-ce une mise en scène des passions humaines ? Une écriture poétique des drames humains ? Une mise en récit d’histoires sans fin ?

Jusqu’à nos jours, la mythologie continue à avoir une place.
Certains parleront d’archétype, de monomythe… Des théories et des pratiques font l’objet de sérieux affrontements.

En tout cas, la mythologie, c’est un « bazar » (comme on dirait encore une fois à Bruxelles), « un truc » qui nous sert pour faire face à … la vie, à la mort, à la folie, à l’amour,… ???? Mais pourquoi ? En quoi et comment cela peut-il nous rendre la vie plus…… « mieux » ???? Ou pas ?

La mythologie antique et la dimension de fabulation: un truc de fou.

La mythologie a révélé la dimension de fabulation mais elle a également permis qu’on l’utilise de manière des plus diverses.

Aujourd’hui, il semble bien que l’on puisse ainsi parler comme l’on pourrait fabuler, et il en est de même pour le savoir et la jouissance. Désormais, on lie sans aucune hésitation imagination, comportement et dires — car le « behaviorisme » nous promet le savoir absolu, susceptible de garantir l’interprétation correcte.

La fabulation est ainsi à la fois omniprésente, invisible et indiscutable. Elle s’amuse de la 3D, se faufile dans les objets de plus en plus miniaturisés et ne manque pas de faire référence à son prestigieux passé mythologique… Mais surtout, elle prend forme de novlangue, de management et d’humanisme bon teint. Cependant, pour quiconque y regarde de plus près, l’inertie est toujours là, la recherche de dieux également — ainsi que l’avenir incertain.Alors, que devient la représentation humaine ? l’économie de la jouissance ? la fabulation ? la mythologie ?Un truc de fou ?

Les oublis de l’histoire de la folie : naissance de l’écriture et de la poésie.

Lors des premières séances, nous avons vu comment étaient oubliées la naissance de l’humain et d’une humanité.

Pour l’antiquité, on trouve dans les ouvrages d’histoire de la folie de nombreuses références – dont celle de l’Iliade – mais à nouveau, on laisse de côté ce qu’il advient de l’écriture et de la lecture. Je veux dire par là que l’écriture comme la lecture sont limitées à la lettre alphabétisée, que la poésie n’est pas qu’un courant de la littérature.

Les questions qui nous intéressent sont celles qui portent sur notre lien en tant qu’être humain, que sujet. Qu’est-ce que c’est, lire et écrire, pour nous – humains parlants ? Quel est le lien entre écrire, lire, parler et ce que nous vivons ?

Les folies méconnues de l’Illiade en lien avec le rap et le slam actuel.

La folie dans l’Illiade est souvent présentée de manière fort stéréotypée. Or, elle y est présente sous différentes formes et surtout, elle est tout à fait liée tant à la nature humaine qu’à celle des dieux.
On oublie aussi souvent de dire que l’Illiade a été écrit sous forme de chants et de poèmes.
A l’entendre ainsi, le sens des mots comme du contenu s’y trouve modifié, la normalité éclate.
Aujourd’hui, le rap et le slam se trouvent noyés dans les ondes, on n’y voit plus de la poésie… Et pourtant, Rap et Slam dévoilent ce que la ‘’normopathie’’ ambiante tente toujours d’effacer.
 
Nous aurons le grand plaisir d’accueillir et d’écouter Silvana Pezzuto, enseignante en retraite mais toujours active, qui viendra nous aider à faire une autre lecture de l’Illiade et y découvrir des folies méconnues.
 
« La poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir » – Léonard de Vinci
« Le rap, c’est la fureur de dire » – G. Lapassade
« Le slam est une simple scène ouverte de lecture de poèmes, c’est-à-dire du ‘spoken word’ »