Une bibliographie de la Justice Sociale

#JusticeSociale, semaine 10. Voici plusieurs semaines que nous vous parlons de #JusticeSociale. Voici une série d’ouvrages que nous vous conseillons afin d’aller plus loin et creuser les différents courants.

Les lecteurs désireux d’avoir une vue d’ensemble et synthétique des différents courants de pensée sur la Justice sociale en un seul ouvrage, peuvent lire avec profit :

Arnsperger C., Van Parijs P., Éthique économique et sociale, Paris, La Découverte, 2003.

Michael #Sandel, professeur à Harvard, a publié une synthèse des différents courants de la Justice sociale. Ses cours sont également visionnables sur Internet : www.justiceharvard.org
Sandel M., Justice. (Justice : What’s the Right Thing to Do ?), traduit de l’anglais (États-Unis) par Patrick Savidan, Paris, Albin Michel, 2016.
Michaël Sandel affirme au début de son ouvrage : « La cupidité est un vice, une manière d’être condamnable, en particulier lorsqu’elle a pour effet de rendre insensible à la souffrance d’autrui. » Convaincu que la philosophie a sa place dans la cité, M. Sandel travaille à réduire les distances entre les idées et les gens. Dans cet ouvrage, il s’attache à clarifier les enjeux moraux qui se cachent derrière les différentes alternatives politiques proposées à notre choix dans une démocratie.

Passet R., Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire : de l’univers magique au tourbillon créateur, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2010.
René Passet nous convie à un grand panorama des explications possibles du monde via les grandes théories économiques. Il examine comment le monde est contextualisé dans les approches de justice sociale. Ce livre est également un plaidoyer pour une économie transdisciplinaire.

En gros, les différents courants de la justice sociale mettent la focale plutôt sur la #liberté ou sur l’#égalité. Voici une #bibliographie succincte pour chaque courant, qui présente : des ouvrages généraux pour comprendre la problématique et les principaux penseurs de chaque courant.

Les penseurs de la #Liberté

Pour les #Libertariens, comme les économistes Friedrich Hayek et Milton Friedman ainsi que le philosophe Robert #Nozik « une société juste est une société d’individus libres ».

Friedman M, La liberté du choix, Belfond, 1980.
Plaidoyer en faveur du libéralisme, les auteurs cherchent à démontrer que le libre marché est le meilleur vecteur de prospérité pour tous. Dans cette vision du monde, l’État ne doit avoir qu’un rôle minimal : celui de garantir la liberté de choix qu’offre le libre Marché.

Hayek F., Droit, législation et liberté, PUF, édition 2007.
Cet ouvrage, qu’on ne présente plus, est considéré comme la « Bible du libéralisme moderne ».

de Salle C., La tradition de la liberté, Tome III, Splendeurs et misères du capitalisme. Synthèse détaillée de textes majeurs de la tradition libérale, Centre Jean Gol, SD.
Ce recueil de textes se veut une analyse complète des problèmes du XXe siècle : crises économiques, question de l’Etat, ressources énergétiques, écologie, immigration…sous l’angle de vue libéral

Les principaux auteurs des théories de #capabilités, que nous n’avons pas encore abordés, la philosophe Martha #Nussbaum et l’économiste Amartya #Sen, prônent une #Liberté d’#accomplissement où « une société est juste quand elle rend effectives des libertés d’accomplissement pour chaque personne ».

Martha C. Nussbaum, Capabilités. Comment créer les conditions d’un monde plus juste ?, Paris, Flammarion, coll. « Climats », 2012.
L’approche des capabilités s’oppose au calcul du PIB comme mesure de la richesse des pays et de la qualité de vie des personnes. Martha Nussbaum elle pose une question plus intéressante pour effectuer cette mesure : « Qu’est-ce que cette personne est capable de faire ou d’être ». Cet ouvrage rassemble toutes les théories des capabilités développées depuis les années 80, avec le double objectif de convaincre les lecteurs du bien-fondé de ces théories et de leur donner des outils pour les mettre en œuvre.

– Nussbaum M., Femmes et développement humain. L’approche des capabilités, Paris, Des femmes, 2008.
Ici, le concept de capabilité est appliqué au problème de genre. Martha Nussbaum évalue l’efficacité des gouvernements à leur capacité d’atteindre l’égalité homme/femme.

Sen A., L’idée de justice, Paris, Flammarion, 2010.
Dans ce livre, Amartya Sen récuse les théories classiques de la justice sociale – utilitarisme, égalitarisme, libertariens – qui toutes s’appliquent à définir des règles universelles pour fonder des institutions justes dans un monde idéal. Il plaide pour un examen et un débat démocratique sur les différentes situations sociales concrètes pour aplanir les injustices réelles.

Les penseurs de l’#Égalité

Castel R., L’insécurité sociale : qu’est-ce qu’être protégé ?, Seuil, coll. La république des idées, 2003.
L’État de droit et l’État social assuraient à chacun une sécurité juridique – chaque être était indépendant et égal aux autres – et une sécurité contre les aléas de l’existence (maladie, chômage, vieillesse…). À l’heure où ce double pacte – civil et social – est remis en question et où ces protections sont érodées de toutes parts, Robert Castel pose la question de ce qu’est être protégé aujourd’hui.

Castel R., Les métamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat, Paris, Fayard, 1995.
Sociologue, Robert Castel étudie le salariat. Il observe l’érosion de l’État social, la fragilisation des statuts et la remise en question des systèmes de protection au nom de la toute-puissance des Marchés, signant par là le retour de la crainte pour les travailleurs de « vivre au jour la journée ».

Cassiers I., & Lebeau E., De l’État providence à l’État social actif : quels changements de régulation sous-jacents ? in Vielle P., Pochet P., & Cassiers I., L’État social actif : vers un changement de paradigme ? (pp. 93-120), P.I.E. – Pieter Lang, 2005.
Dans cet article, les auteurs questionnent les discours et les dispositifs de ce que l’on a appelé dans les années 90 « l’État social actif ». Après avoir examiné le contexte social et historique réel, elle cerne les problématiques et les enjeux du basculement vers l’État social actif.

Fraser N., Qu’est-ce que la justice sociale. Reconnaissance et redistribution, Paris, La découverte, 2011.
Composé d’une suite d’articles, cet ouvrage présente enfin la pensée de la philosophe américaine Nancy Fraser aux lecteurs francophones. Ses réflexions tournent autour des questions de l’espace public et de la justice sociale.

Rosanvallon P., La société des égaux, Paris, Seuil, Les livres du nouveau monde, 2011.
Pierre Rosanvallon nous offre ici une chronique de deux siècles sur l’idée d’égalité. Puis, le passé éclairant le présent, il élabore une philosophie de l’égalité comme relation sociale qui dépasse les théories classiques de la justice sociale et où les notions de singularité, de réciprocité et de communalité permettent l’avènement d’une société plus solidaire


Le grand penseur de l’#Utilitarisme est Jeremy #Bentham, il affirme qu’ « une société juste est une société heureuse ».

La lecture directe des œuvres de J. Bentham peut se révéler fastidieuse. Aussi, nous proposons un substitut acceptable comme présentation de sa pensée :

Michel Onfray, Contre-histoire de la philosophie, t. 5 : L’Eudémonisme social, Paris, Le Livre de poche, coll. « Biblio Essais »,‎ 2010, pp. 71-125. Présentation, simple et condensée en un chapitre, de la pensée et du système de J. Bentham

Pour les principaux penseurs #Libéraux#égalitaires, le philosophe John #Rawls et l’économiste Richard #Musgrave, « une société juste garantit des libertés et redistribue à ceux qui ont le moins ».

John Rawls, Théorie de la justice, éd. Du Seuil, 1987 (pour la traduction française).
Ouvrage très important de la philosophie morale et politique où l’auteur cherche à montrer que la croissance économique et la justice sociale sont compatibles.

Pour les #Communautariens, dont les principaux auteurs sont les philosophes Michael #Sandel, Alasdair #MacIntyre et Michael #Walzer, « une société juste est une société qui tient compte des différentes conceptions de la ‘vie bonne’ pour promouvoir des biens communs ».

Walzer M., Sphères de justice. Une défense du pluralisme et de l’égalité, Paris, Seuil, 1999.
Rival de Rawls, Michael Walzer propose une théorie pluraliste de la justice plutôt qu’un concept universel. Pour lui, il existe différentes sphères de justice -économie, éducation, religion…- dont les principes ne sont pas transférables d’une sphère à l’autre sous peine de tomber dans la tyrannie. À l’égalité simple de Rawls, il oppose enfin un principe d’égalité complexe.

Taylor C., Multiculturalisme. Différence et démocratie, Champs essais, Paris, 2009.
Ce livre pose une question fondamentale : pour garantir le bien-être et l’égalité de tous ses citoyens, une société doit-elle se fonder sur des règles qui valent pour tous ou s’adapter aux particularités de chacun ?


Au travers des semaines qui vont suivre, chaque mercredi, nous explorerons les reliefs variés et foisonnants de vie de la Justice Sociale. Une action commune menée par L’Autre "lieu" – RAPA, Revers Asbl, CEMÉA Belgique et Centre Franco Basaglia.